Villes et bâtiments durables (2012)

 

 Les matériaux premiers sont les matériaux naturels non transformés (terre crue, pierres…) que l’on trouve sur les sites de construction ou à proximité. L’utilisation de ces matériaux premiers est caractéristique de la majorité des quelques millions de logements construits en France avant 1948 et s’avère aujourd’hui particulièrement pertinente dans la nécessaire démarche de bâtir durable. Ces matériaux ne sont pas transformés industriellement et donc porteurs d’une énergie grise proche de zéro. Cependant, il n’existe pas aujourd’hui de guide de recommandation pour leur mise en oeuvre, reconnu par les professionnels, ni de moyens de mesure et de garantie de performance, reconnus par les scientifiques. Ce manque conduit classiquement à appliquer des méthodes de rénovation et de construction non adaptées et/ou à préférer d’autre matériaux de constructions, écologiquement moins performants, mais bénéficiant de procédure de tests normalisés. Au mieux les entreprises se basent sur leurs connaissances empiriques de ces constructions. Ainsi, l’enjeu de cette proposition est d’étudier les moyens de mesure et de garantie des performances hygrothermiques, mécaniques et sismiques des matériaux premiers et d’envisager les conditions de leur diffusion et développement à la lumière d’une analyse des configurations économiques et institutionnelles. Afin d’atteindre l’objectif du projet, une vision globale, multi-échelles et multidisciplinaire (matériaux, énergétique et sociologie de l’innovation, laboratoire et in situ, expérimentateur et modélisateur) est proposée. Cette approche est rendue possible par les différents corps de métier représentés (chercheurs, ingénieurs, architectes, techniciens, entreprises et artisans). Elle sera validée sur les constructions en pisé (couches de terre compactés successivement) et en limousinerie (complexes mortier de terre – pierre), qui sont représentatives du bâti ancien (avant 1948). A l’échelle du matériau, la terre à pisé, les mortiers de terres et enduit terre avec ou sans ajouts de particules ou fibres végétales seront étudiés. L’ajout de particules (respectivement fibres) végétales, est étudié ici pour leurs bonnes performances hygrothermiques (respectivement mécanique) ; il se pourrait que dans certains cas il soit pertinent d’utiliser ces matériaux en rénovation ou neuf. Au niveau institutionnel, ce projet envisage de faire entrer, dès la mise en place du programme de recherche, et tout au long de sa conduite, les contraintes liées à la structuration du secteur de la construction et à la place occupée, en son sein, par les acteurs historiquement investis dans les constructions en matériaux premiers. Au niveau technique, le but est d’identifier par le biais de modélisations physico-mécanique et d’expérimentations à plusieurs échelles (laboratoire, sur site), les paramètres clés nécessaires à la description du comportement thermo-hygro- hydro-mécanique des matériaux argileux, des murs et des bâtis (comportement sismique). Ces paramètres devront être mesurables sur site et intégrables dans les codes de calculs dédiés. Au final, le projet PRIMATERRE permettra la mise au point de guides de recommandation et modules pédagogiques à la fois optimum sur le plan scientifique, mais également réalistes au regard des conditions économiques et politiques du secteur de la construction en France et en Europe

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